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On a le sourire aux lèvres de se remémorer des pièces chorégraphiques aussi pleines de vie que Le jardin Io Io Ito Ito
, Babelle heureuse
 ou encore Porgy and Bess… Le Pôle numérique du manège.mons a récemment  accueilli en toute discrétion le célèbre chorégraphe José Montalvo pour une résidence-laboratoire. Un temps productif d’expérimentations et de recul pour tester les possibilités offertes par de nouvelles surfaces de projection et logiciels de traitement du son mais aussi par des outils technologiques permettant de développer d’inédites scénographies interactives tels que la Wiimote et la Kinect.

José Montalvo, cela fait près de 20 ans que vous intégrez de la vidéo à vos spectacles, assimilant au fur et à mesure les évolutions du secteur de l’image numérique. Quelles sont les technologies qui vous intéressent aujourd’hui ?  
Ce sont en fait toujours les mêmes technologies, mais qui évoluent constamment. C’est un lieu commun de le dire, mais le monde est envahi par les technologies numériques. C’est une révolution comparable à celle du train à vapeur : elles sont partout, elles chamboulent tout. J’ai alors eu le désir de tenter de me les approprier pour inventer un univers poétique, en les mettant au service du spectacle vivant. Je les utilise à la manière d’un vaccin, parce que les images numériques sont un peu en train de tuer le monde du spectacle. Je me suis dit que les intégrer au spectacle vivant pourrait donner à celui-ci un nouvel élan. D’autant plus qu’avec les nouvelles technologies, on peut créer des univers, des décors comparables à ceux qu’on réalisait au 18e siècle. Elles permettent ainsi, entre autres, de renouer avec la tradition des grands décors.

Quel est l’objet de la résidence-laboratoire que vous menez au sein du pôle numérique du manège.mons ?
Nous essayons de travailler sur la réactualisation de la technique ancienne du Pepper ‘s Ghost et de mesurer la faisabilité d’un projet intégrant ce procédé d’illusion, par le biais de multiples expérimentations. L’expérience de ce laboratoire à Mons est fructueuse pour plusieurs raisons. D’abord, cela nous permet d’être un peu à l’abri des sollicitations multiples auxquelles nous sommes d’habitude confrontés à Paris. Nous sommes isolés, il y a un côté un peu monastique dans cette résidence d’une semaine ! Ensuite, nous avons la chance de rencontrer des personnes très enthousiastes et passionnées : Amélie Kestermans, vidéaste au sein de TechnocITé, Ludovic  Burczykowski, artiste numérique, Serge Meyer, scénographe vidéo interactive, ainsi que l’équipe de Numediart. Nous avons donc fait des rencontres et découvert des univers que nous n’aurions pas pu faire ailleurs.  

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Quels types de tests avez-vous pu mener à l’occasion de ce laboratoire ?
Une multitude ! Nous avons d’abord travaillé sur la modification du son en temps réel, puis sur différentes surfaces de projection, en testant différentes matières, différents tissus, pouvant accueillir l’image. Nous avons exploré la question de l’interaction entre le réel et ses représentations. Notamment, nous avons effectué des recherches sur la diffusion d’images filmées des métros parisiens avec l’idée de les décaler, de jouer avec et de tenter ainsi des scénographies un peu inattendues ! Nous avons aussi effectué des tests avec une Wii et une kinect afin de tenter différentes possibilités d’interaction en direct entre Natacha Balet, la danseuse, et les images.
La possibilité de développer tous ces axes de recherche sont l’un des privilèges de la résidence. Nous ne sommes pas du tout, pour le moment, dans une étape de création, mais bien plutôt sur une mise à jour technique et des expérimentations de pistes auxquelles nous avons songé sans vraiment savoir si nous allons pouvoir les déployer dans une création. C’est une étape de recherche où l’on a le luxe et la liberté de faire de l’expérimentation.

Quelle sera la fonction de la scénographie vidéo dans votre prochaine création ?
J’ai travaillé avec la vidéo depuis le début, il y a déjà une vingtaine d’années. A cette époque, ce n’était pas très bien vu. On me disait qu’il y avait trop de vidéos dans mes spectacles, alors qu’aujourd’hui tout le monde veut en intégrer !  Alors, ce n’est plus très singulier, plus très original, mais ce qui importe, ce n’est pas de mettre ou de ne pas mettre de la vidéo, c’est comment on l’intègre et ce qu’on en fait. En fait, la vidéo est un outil de travail comme un autre et après, c’est à chacun de lui donner le sens qu’il souhaite. Il ne faut ni l’idéaliser ni le diaboliser. C’est vraiment un outil qui permet, en fonction de l’imaginaire, de la subjectivité de chacun, d’inventer des univers.

Jpsé Montalvo et sa Compagnie seront de retour au Pôle Numérique du Manège en avril 2012 pour continuer leur recherche.

(remerciements à Bertille Coudevylle du CECN et Alice Rodrique pour les photos)

www.montalvo-hervieu.com
www.theatre-chaillot.fr