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Serious-Game-LLN-2012

Pour sa troisième édition, l’événement SeriousGame.be, qui s’est tenu le 11 mai à Louvain-la-Neuve, avait invité comme orateur-vedette Marc Prensky, consultant spécialisé en éducation et formation, « vulgarisateur du concept de digital native »... et désormais de celui de « digital wisdom ». Exemples à l’appui, Marc Prensky s’est fait l’apôtre du jeu sérieux, outil directement en phase avec les nouvelles générations mais aussi, selon lui, outil indispensable pour faire face aux nouveaux modes de fonctionnement et aux contraintes de notre société numérique.

« Il faut savoir utiliser les jeux sérieux pour la formation, parce qu’ils font partie de la sagesse numérique », a-t-il notamment déclaré. « Et nous avons besoin de sagesse numérique parce que nous évoluons dans un nouveau contexte, parce que les changements s’accélèrent, parce qu’il faut aujourd’hui former les gens- et les jeunes en particulier- dans un monde fait d’incertitudes et de volatilité. » Dans ce contexte, les qualités que le jeu (sérieux) permet de solliciter et de développer deviennent autant d’atouts pour la formation des jeunes et des professionnels: rapidité de réaction, gestion d’équipe, analyse et résolution rapides de problème, apprentissage de la coopération...

e-learning? C’est du sérieux

Il fut beaucoup question, lors du salon SeriousGame.be, du rôle que pourraient jouer demain les jeux sérieux dans l’e-learning.

Les freins existent encore, largement dus à des réticences, tant dans les rangs académiques que politiques, et à une mauvaise perception de ce que le jeu peut réellement apporter. Comme le déclarait Marcel Lebrun, co-fondateur de Claroline, un travail sur les fondements-mêmes de ce qu’est le savoir et sa diffusion devrait avoir lieu: « nous assistons à un changement majeur dans le statut du savoir. Il quitte sa tour d’ivoire pour devenir réseauté et distribué. Il faut se poser la question de savoir ce qu’est apprendre, ce qu’est un formateur. Les compétences sont des savoirs contextualisés. Le jeu peut apporter ce contexte. »

Certes, les jeux sérieux ne pourront et ne sont d’ailleurs pas destinés à remplacer totalement les cursus existants ou les enseignants mais leurs potentiels sont devenus une quasi obligation, estimait pour sa part Marc Prensky.

À noter, en la matière, la sortie du livre « Les Serious Games: une révolution » de Yasmine Kasbi, formatrice en multimédia et grande connaisseuse du monde des jeux sérieux. « Il a pour objectif de démystifier le serious game, de prouver son efficacité dans un cadre pédagogique. »

 

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Rajeunir l’audiovisuel classique

En 2011, le « cross-media » avait été l’un des trois secteurs à bénéficier d’un programme d’aide Boost-Up dans le cadre de Creative Wallonia. Deux enveloppes de 400.000 euros, destinées à des projets de « digital promotion » (utilisation de supports tels que les applis mobiles ou les réseaux sociaux pour promouvoir des films et séries) et de « digital extension » (développement parallèle sur divers supports), avaient été allouées à Wallimage.

En 2012, le budget libéré est de 1 million d’euros. « L’expérience a en effet été positive », soulignait le ministre Jean-Claude Marcourt à l’occasion du salon SeriousGame.be. « L’initiative sera donc reconduite » et même étendue à un troisième axe, baptisé « Digital Experience ». Objectif: « élargir l’optique à des projets non encore couverts par les deux premiers axes ». Et cela pourrait potentiellement concerner les jeux sérieux. Wallimage attend donc des studios et créateurs qu’ils se manifestent pour proposer aux producteurs d’œuvres de fiction des solutions multimédias interactives.

Florilège de projets

Le salon SeriousGame.be est aussi le lieu où toute une série de jeux sérieux s’exposent. Ceux présentés cette année se classaient en trois grandes catégories:

-   advergames, avec des jeux développés notamment pour des marques telles que Electrabel, Freedent, Walibi ou Ice Watch,

-   edugames, pour une formation ludique à des activités professionnelles telles que du travail en atelier de construction automobile ou dans l’industrie métallurgique ou la sensibilisation à diverses problématiques environnementales,

-   social games : dans cette catégorie Fishing Cactus présentait deux jeux, développés à l’occasion d’un atelier MIC et déjà présentés au Festival VIA. Objectif: transposer le jeu dans l’espace urbain et favoriser une participation largement citoyenne. Ces deux jeux préfigurent ceux qui seront proposés lors de l’événement Mons 2015- une vingtaine? - qui mettront en scène culture et technologies et devraient animer l’ensemble de la ville.

Comme chaque année, le public présent au salon SeriousGame.be a pu élire son jeu sérieux préféré. Le prix Now.be est ainsi revenu au jeu sérieux français « Ce soir, il conclut », un jeu de sensibilisation aux problèmes de surconsommation d’alcool destiné aux jeunes de 18 à 25 ans. Les joueurs sont amenés à aider Clément, un jeune accro de binge drinking, à enfin réussir à gagner le cœur de Chloé. Or, l’indicateur d’alcoolémie (ou de séduction, c’est selon)- le « péchomètre »- est inflexible et réagit au moindre écart de comportement

Le jeu a été conçu dans un esprit « trans-media » puisqu’il exploite divers canaux d’interaction: jeu, série Web, réseaux sociaux (Facebook, Twitter), plates-formes vidéos (YouTube, DailyMotion).

À noter que le 2ème jeu privilégié par le public de SeriousGame.be n’a été distancé que d’un petit point: il s’agit de Bike Safe Sim, un jeu de sensibilisation développé par De Pinxi (Bruxelles) pour Houtopia, un espace de découverte pour enfants de Houffalize. L’objectif: former les jeunes enfants à l’utilisation du vélo en milieu urbain (pour se rendre à l’école, par exemple). Bike Safe Sim se veut très réaliste. L’environnement reproduit est typique de la région. L’enfant utilise un vrai vélo et est immergé dans une vidéo qui réagit à ses comportements et lui présente des dangers de manière aléatoire. En plus de la vidéo, le jeu fait intervenir du son 3D pour recréer le contexte de la réalité et scénariser des dangers ambiants non forcément perçus par la vue.

 Brigitte Doucet