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Février 2021 : Gaëlle rentre de son travail. En sortant de sa voiture, le système de détection de pulsations cardiaques présent sur sa ceinture de sécurité a effectué un dernier check-up qu’elle reçoit dans la seconde sur sa boite mail. Dès l’ouverture de la porte d’entrée de sa maison, par un système de synchronisation de smartphones directement lié au serveur central de l’école de ses deux enfants, une alerte lui informe les résultats de leurs examens de mathématique et de français. La température de la maison est de 21°C, température qu’elle a réglée à distance depuis son travail. Pierre, son mari, fin cuisinier, a quant à lui déjà fixé la température du four pour la cuisson du soir sur son smartphone. Il est sur la route du retour, route rétroéclairée par un système qui imite la lumière du jour et qui lui indique tous les 10km l’état de l’adhérence de ses pneus grâce à un système de capteurs intégrés à sa voiture. 

Cette projection fictive dans le temps pourrait très certainement ressembler à notre quotidien à l’avenir. Et il existe actuellement énormément d’objets connectés qui prennent vie autour de nous. Les domaines d’applications sont nombreux : la gestion des déchets, la planification urbaine, l’environnement, l’achat mobile, la domotique… Chaque jour, cette révolution prend petit à petit sa place dans nos habitudes.

Internet of Things

Cette extension d’Internet à des objets, qui les séparent ainsi un peu plus du monde physique, change notre quotidien et notre rapport à celui-ci. Mais comment clairement définir ces objets connectés ? La définition basique pourrait les rapporter à des objets électroniques connectés sans fil et transmettant des informations précises avec un ordinateur, une tablette électronique ou tout autre appareil. Pierre-Jean Benghozi, dans son ouvrage[1] sur le sujet, aborde ce phénomène de manière plus précise et parle d’un « réseau de réseaux » qui, par l’aide d’un système d’identification développé, « identifie et communique numériquement avec des objets physiques » afin d’échanger des données.  

Ces données, ou datas, sont ensuite collectées. Elles font en 2015 l’objet d’une attention toute particulière. En quelques années, l’importance des données personnelles est devenue un enjeu économique voir même culturel, parfois même à l’insu de leurs utilisateurs.  Avec l’émergence du web et de tout ce qui en a découlé par après, ces données sont devenues tellement massives que l’on parle désormais de « Big Data »,  sorte de carte d’identité numérique des internautes et des utilisateurs d’objets connectés.

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Selon la perspective prise, ce phénomène de données peut-être considéré comme un levier d’opportunités formidable en matière de recherches et de développement. Ces datas cependant attisent toutes les convoitises. Atteinte à la liberté pour les uns, perspectives d’évolutions pour d’autres, l’exploitation de la Big Data pose encore de nombreuses questions d’ordre éthique.  Peut-on parler d’incompatibilité entre la Big Data et la vie privée ?

Selon une étude menée par Privacybydesign et Deloitte au Canada, il suffirait d’appliquer différentes mesures « simples » qui permettraient de concilier les deux, à savoir : une approche minimale des données, au tout premier stade du cycle de vie des données ; une dépersonnalisation des datas, qui supprime tout renseignement lié à un utilisateur par exemple ; enfin un contrôle d’accès renforcé, visant à réguler les demandes spécifiques d’informations. Ces idées demeurent pour l’instant des solutions comme tant d’autres, mais elles existent. À quand la concrétisation de ces concepts? Seuls les responsables habilités ont les clefs pour que la situation puisse un jour évoluer. Selon les dires des experts en la matière, le chemin est encore long. D’autant plus que de nombreuses failles de sécurité prouvent encore la vulnérabilité des objets connectés [2]. La vigilance est donc encore de mise.

Quand est-il aujourd’hui de leur utilisation et de leur intérêt pour le grand public ? Lentement, mais surement, l’attrait commence à grandir. L’IFOP (Institut français d’opinion publique)[3] a récemment sorti une étude démontrant que 96% des Français avaient déjà entendu parler des Objets connectés, mais que « seulement » 66% savaient réellement de quoi il s’agissait. Cependant, les créateurs d’objets connectés sont bien loin des attentes escomptées, surtout dans des domaines très spécifiques. Il y a visiblement un fossé visible entre la connaissance de ces objets et leur adoption réelle.

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À titre d’exemple  une enquête réalisée sur l’intérêt des Français pour les objets connectés dans le domaine de la santé [4] a démontré qu’il était difficile aujourd’hui de parler de révolution. En cause, les objets connectés sont à la traine dans ce domaine et n’apportent pas encore tous les éléments pour convaincre une cible précise d’utilisateurs.  À cela s’ajoute un manque d’information probant de la part des instances médicales qui n’ont pas encore le réflexe de recommander ces objets et d’en vanter l’utilisation auprès de leurs patients.
A contrario, on notera une prise de conscience du phénomène, tant par le monde professionnel lié au web et au développement que par d’autres secteurs moins axés sur la technique et la R&D. En effet, cette prise de conscience s’insère dans des institutions privées et/ou publiques. Certaines questions  de société commencent à naitre par rapport à ces objets et à leur intégration dans notre quotidien: faut-il par exemple les assurer ?[5]  Pour 60 millions de portables en France, 10% le sont déjà… Les chercheurs et développeurs s’interrogent également sur la pérennité de ces objets, en remettant en question leur fondement  et en s’interrogeant sur le succès de leur valeur propre, en pointant du doigt leur obsolescence et leur véritable utilité. Comment alors distinguer le bien fondé d’un objet connecté à un objet lambda ? Bien que les questions fassent légion en la matière, il est encore difficile de pouvoir en tirer des conclusions précises. Nous pouvons néanmoins avancer qu’une approche pédagogique est requise pour toucher le public adéquat.

A l’heure actuelle, peut-on parler déjà de dépendance ? Il est encore trop tôt pour le confirmer. Mais il est certain que les objets connectés sont bel et bien présents. On estime que d’ici 5 ans, entre 50 et 80 milliards d’objets connectés seront mis en circulation à travers le monde, de l’informatique à l’urbanisation en passant par le développement durable ou la culture.

Il nous reste encore un peu de temps pour les appréhender et arriver à les utiliser de manière optimale afin de les intégrer au mieux dans nos habitudes quotidiennes.